Le Feuilleton de l'été - épisode 2 - Le chai et les vignes d'Aurélien Lefort

9 août 2017 par Florence

Le Feuilleton de l'été - EPISODE 2
Tout ce qu'on n'a pas eu le temps de vous raconter cette année...

Le chai et les vignes d'Aurélien Lefort

Florence : « Là tout est 2016 ? »

Aurélien : « Oui vu les petits volumes, c'est un circuit assez court. Mes 2015 sont finis. J'ai tout vendu.»

 

Il nous sert toujours avec la pipette un troisième jus. C’est un gamay à nouveau sur Argilo calcaire.

Gérard : « Floral. »

Florian : « Plus léger, moins charnu que les pinot."

Aurélien sert un autre gamay. « C'est un gamay sur des terres rouges, de l’argile rouge. »

Le jus est rouge framboise, pétant, presque fluo.

Marc : « On dirait un smoothie fraise !"

Gérard commence à entonner : « elle s'appelait framboise… »

Rires

Marc : « Là ça fermente par contre. »

Aurélien « Ça c'est de l'égrappé, donc ça monte plus vite. »

Gérard : « Qu'est-ce qu'ils sont bons les gamays ! »

Aurélien : "Après il y a des cuves qui ne donnent pas de jus encore. Par exemple les pinot sur basalte."

« Ça ce sont des chardonnays avec des tout petits grains. Les chardonnays j'en ai depuis cette année.

Marc se régale des jus de fruits.

Aurélien : « J'ai appris que Bernard Bellahsen (Domaine de Fontedicto) faisait beaucoup de jus de fruit. C'est intéressant. C'est tellement bien ce qu'il fait.

Moi je ne connais pas le blanc, j'en ai jamais fait. J'ai le trac. Celui-ci a fait une macération de 15 jours en égrappé.

Gérard : « Tu vas faire de la bulle ? »

Aurélien : « Peut-être que je vais faire de la bulle pour expérimenter. Mais je voudrais quand même faire un blanc sec. »

Puis il nous invite à nous pencher pour regarder les baies dans la cuve (avec chambre à air). L’air s’échappe.

 

Les baies sont belles, pleines et bien rondes.

« Ces raisins-là vont macérer pendant trois mois. Pour l'instant il ne font pas de jus. Il faut attendre. » Explique Aurélien.

Donc on ne goûte pas.

Aurélien : « Moi je pense que l'air peut être un ennemi pendant les macérations. Mais c'est aussi un ami par ailleurs. Il y a beaucoup de réduction en Auvergne. C'est probablement lié au terroir. Avec un carafage ça peut s'en aller très vite, mais il faut que le vin ait été habitué à respirer"

Florence : « Mais pourquoi ce serait lié à un terroir ? »

Aurélien : « Ben c'est une bonne question, sauf que c'est difficile d'y répondre. C'est lié aux enzymes par exemple. »

En fait on a la réduction ou l'oxydation. Il y a des cépages qui sont plus à même de résister à l'oxydation ou qui sont plus « réductifs ». Et par exemple le gamay sur terroir volcanique fait plus de réduction. Sur les savagnins du Jura ça peut être plutôt oxydatif. C'est comme ça. Ça s'explique certainement ... après c'est à nous de connaître nos vins et de savoir comment faire avec. Il y en a qu'il faut aérer davantage. Il y a même des barriques que on ne ouille pas par exemple.

Marc : « Mais dans tes bouteilles il y a rarement de la réduction… »

Aurélien : « Oui justement c'est parce qu'il y a pas mal de brassage. Moi je ne travaille pas du tout avec des pompes. Je travaille plutôt à l'air… »

Florian : « t'as vu les raisins ! Y'a pas un pèt' dessus… Ils sont magnifiques. »

Aurélien nettoie par terre le peu de vin qui vient de tomber à terre.

Florence : « Ah oui tu nettoies tout comme ça… »

Aurélien : « Ah oui pour moi le vin c'est dans la cuve... »

« Sinon les mouches ont pied » s’amuse Marc.

 

Gérard : « Les Chardonnays tu viens de les récupérer ? »

Aurélien : « Oui je les ai récupérés en septembre l'année dernière. J'ai pu faire tout le cycle, heureusement, c'est bien. Ils sont sur un terroir argilo-calcaire sur des bas de côteaux assez marneux, des argiles blanc . Quand il pleut ça fait de la gadoue et quand il y a un brin de soleil ça sèche super vite. Le mec qui avait ça passait avec son cultivateur tout le temps, tout le temps. Donc il n'y avait jamais d'herbe. Moi je pense au contraire que ce qui est intéressant c'est de laisser pousser l'herbe, comme ça on a moins ce côté terre qui sèche, et la transition entre la pluie et le soleil se fait plus en douceur. La terre est plus constante et on sent que si on creuse, il y a des racines. Mais en un an déjà on a moins ce côté craquelé de la terre. Ce qu'il faudrait c'est revenir à la flore initiale. J'aimerais que ça aille jusque-là. Mais ça prend du temps.

 

Mais par contre je travaille tous les pieds à la pioche pour que ce soit bien travaillé autour du cèpe parce que malgré le fait que le système racinaire ne soit pas très profond, on se retrouve avec une vigne qui est carrément serrée entre les herbes. Donc c'est bien de venir piocher . Et puis je fais ça au même moment que la taille en hiver, ça me fait deux boulot différents, et j'aime bien ça. "

Florence : « Donc tu pioches mais tu laisses l'herbe pousser ? »

Aurelien : « Oui mais je tonds l'herbe aussi. Mais bon, tondre c’est un espèce de rattrapage : c'est pour éviter qu'il y ait trop d'humidité. Et qu'il y ait des maladies qui se développent. Mais ce n'est pas la solution idéale. Il faut trouver sa propre solution à chaque fois. »

 

Le mec qui était là avant moi il avait planté du chiendent, le problème c'est qu'il faut l'arracher tout le temps. Mais c'est une herbe qui contribue à la biodiversité c'est intéressant. Les mecs qui avait planté à cet endroit là, avait bien réfléchi au terroir. Quand tu regardes en Auvergne il y a peu de vignes mais là où tu en vois c'est sur les côteaux. Les gars n'étaient pas cons, ils savaient où ils mettaient les choses.»

D'ailleurs moi avant de m'installer c'était soit le Jura, soit la Savoie, soit l'Auvergne !"

Gérard : « Comme par hasard… » dit Gérard complice.

Aurélien : « Et oui les Côteaux, la fraîcheur la nuit, etc… »

Florence : « Pourquoi tu as choisi l'Auvergne finalement ?"

Aurélien : « Oh bah c'est des rencontres, et puis quand j'ai découvert les vins d’Auvergne ça a été un gros flash ! Pierre Beauger, Patrick Bouju, Vincent et Marie tricot,… J'avais bu leurs vins avant, Et puis après j'ai rencontré les personnes, de très chouettes personnes qui sont devenues des amis et qui font un beau boulot. »

 

Et là, le fils d'Aurelien et Aniouchka arrive : « Papa il est 15h32 ! »

Il faut qu'on s'active ! Aurélien doit emmener Marc à la gare.

Florence : « alors on a pas le temps d'aller voir les vignes ? "

 

Florence : « Avec tout ce qu'il vient de nous raconter j'ai vraiment envie de voir les vignes… »

Tout le monde s'agite…

Aurélien : « Marc, tu te prépares ? Parce qu’après on va tracer … On passe aux vignes et après on bouge. »

Marc part chercher sa valise, en attendant Florian fait un foot avec le fiston d’Aurélien hyper fan de foot.

 

D’ailleurs Florence garde précieusement un cadeau qu’il lui a fait : un de ses onze pin’s de la coupe du monde 1998 (identiques, mais qu’il gardait au nombre de joueurs d’une équipe). Tellement beau cadeau… Touchant.

 

On part à deux de voitures.

 

Aurélien nous amène sur l’une de ses parcelles de gamays.

Florian goûte les raisins.

  

Aurélien nous montre les chiendents : « C’est assez filandreux et ça fait de grosses racines. Mais ça je m’en débarrasse au fur et à mesure. Mais moins tu vas travailler ton sol, plus tu vas avoir de fines plantes… »

« Après y'a des parcelles que j'aimerais bien acheter comme celle qui est juste au bord de la forêt… mais je verrai ça plus tard.
Ici ça fait 30 ares. J’en ai une autre à côté où il y a des gamays d’Auvergne de 45 ans.

Il fait un peu frais, c'est l'automne. On est déjà presque en hiver..."

« Voyez là il y a de la menthe qui pousse, du thym..." Les herbes sont en effet uste à coté des vignes.

Florence : « Donc là c'est quoi cette parcelle ? »

Aurélien : « Ici il y a 50 ares de gamay palissés, avec écartement de 3 mètres. Tu vois la taille des pieds comme ils sont costauds !"

Pourtant les vignes ont 50 ans de moins que celles d'à côté. C'était des porte-greffes qui étaient beaucoup plus vigoureux. Celle-là ont 50 ans. À côté elles ont 114 ans."

Florence : « Pourquoi tu les palisses celles-là ? »

Aurelien : « Quand je les ai prises elles étaient déjà palissées. C'est plus important parce que ça c'est la vieille culture. Avant on avait des porte-greffes qui étaient plutôt plongeants, et maintenant on a plus des porte-greffes traçants.
Avant les porte-greffes étaient surtout installés pour se développer très vite avec les engrais…Ils avaient vraiment choisi un autre type de culture.
Le palissage est nécessaire parce que ça développe beaucoup plus de bois et beaucoup plus de feuilles. Et quand la surface folières est importante comme ça, c'est mieux de la palisser. Parce que sinon ça retombe. Les gamays retombent : ils sont semi érigés. Alors que par exemple des grenaches qui poussent vers Banyuls n'ont pas besoin d'être palissés car ils sont érigés. A l'inverse les chardonnays sont non érigés. Ils tombent carrément !"

Florian : « Il y a du vent ici.»

Aurelien : « Oui c'est d'ailleurs ce qui donne beaucoup plus de vigueur, et chaque vigne porte plus de raisins. On est plus restreint sur la quantité de raisins en même temps c'est 2500 pieds sur 30 a are,

"Ici c'est vraiment des argiles rouges, avec des coulées de quartz." Il prend la terre dans ses mains et nous la montre."

 

" Si on creuse on trouve pas mal de quartz et de graviers, et c'est un peu sableux. Regarde quand tu prends la terre c'est quand même avec beaucoup de résidus granitique, c'est une terre qui ressemble à du sable un peu quand même. Et elle est rouge.»

 

On se promène un peu dans les vignes. Le fils d'Aurélien joue. On entend des rires d'enfants, on est bien. C’est un bel après-midi.

Florian et Aurélien échangent : "ces espèces de clopes où quand tu appuies ça devient menthol ! "

Florence rigole : « après les bons vins nature, une bonne clope chimique ! » Rire général.

On est rattrapé par le temps. Ils doivent filer amener Marc au train.

Aurélien : « Bon désolé j'aurais bien aimé vous montrer davantage de vignes, ça aurait été sympa car il y a une toute petite zone avec beaucoup de choses différentes. »

Florence : « On reviendra !»

On sait déjà qu'après la visite chez Fred Gounand on se retrouve tous ce soir au très bon restaurant de Harry Lester, Le Saint-Eutrope, à Clermont-Ferrand. Il y aura d’autres amis vignerons…

 

En attendant : la photo pour immortaliser ce beau moment.

A SUIVRE le prochain épisode du Feuilleton de l'été : "Les vignes de Fred Gounan..."

#AurélienLefort #Lefort #vinnaturel #Auvergne 

 

Dans: Dégustations 

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