Ormiale 2013

Fabrice Domercq

Bordelais

Rouge

  • Domaine : F. Domercq, J. Morrison et M. News
  • Appellation : Bordeaux
  • Millésime : 2013
  • Encépagement : merlot et cabernet sauvignon
  • Contenance : 75cl
  • Degré d'alcool : 12,50%
  • Potentiel de garde : 8 ans
  • Saveur : dense, fruité et gourmand

6 disponibles

34,50 €

75cl - Prix Unitaire TTC

L'avis de la Cave

ACCORDS METS/VIN

Navarin, viande rouge grillée simple, tomme de brebis

NOTRE COMMENTAIRE

Issu d'un assemblage de merlot et cabernet sauvignon et élevé 18 mois en fût et cuve inox, Ormiale 2013 est un véritable petit bijou comme on aime à les voir apparaître peu à peu dans le paysage du (rare) vin naturel bordelais : une cuvée éclatante de fruit, toute en nuance dans la puissance, droite, ciselée, et déjà très équilibrée. Une cuvée rare dont nous avons eu la chance d'avoir quelques bouteilles...

Fabrice Domercq

" En 2006, ma mère a acheté avec ses derniers sous, une petite propriété dans le nord de l’Entre-Deux-Mers, sur la commune de Mérignas. Une vielle ferme du 18ème siècle, transformée en chai dans les années soixante, avec 4 ha de vigne, du Merlot et du Cabernet Sauvignon.

Assez vite, je me suis dit qu’il fallait faire du vin.

Comme j’aime bien faire des « choses » avec des personnes qui me sont chères, j’ai pris mon téléphone et j’ai appelé mon ami depuis 20 ans à l’époque, Jasper Morrison, et lui ai proposé de nous lancer dans cette aventure, faire du vin.
Jasper est quelqu’un de réfléchi et posé mais là sa réponse, après quelques secondes de silence sur la ligne, fut positive.

Dès le départ, il était évident qu’Ormiale, nom inventé à partir des syllabes qui composent les prénoms de nos enfants (un vieux truc  pour les impliquer à un moment ou un autre…), devait être économiquement viable. Pas un caprice ni un passe temps.
Mais nous ne connaissions rien au métier de vigneron.
Nous aimions le vin; c’était déjà un point de départ.

Nous avons réuni quelques sous (50/50) pour nous équiper sommairement (2 cuves en inox, des vieilles barriques, des tuyaux, une pompe) et par le biais d’une société de fait nouvellement crée (Domercq Morrison SDF…cela ne s’invente pas), avons contracté un fermage auprès de ma mère, propriétaire des vignes: 0,63 ares, pour commencer à produire des jus.
Un ami vigneron nous recommanda Paul, un oenologue, pour nous aider. Paul devint vite essentiel et un ami.
Il nous apprit avant tout la propreté au chai, qu’une goûte de vin était une goûte de sueur et la «débrouille » en vinification; la débrouille signifie faire au mieux avec presque rien comme équipement. La vielle école en somme.

Dès le début de cette histoire, nos femmes et nos enfants eurent la générosité d’adhérer pleinement à notre nouvelle « entreprise »; cela signifiait des éloignements, gérer l’absence et surtout nous soutenir. Sans elles, sans eux, rien n’aurait été possible.
Voilà.

Aujourd’hui nous avons appris quelque chose, même si c’est toujours le vin qui « commande ».
En 2009, nous passions en bio sur notre petite parcelle.
En 2010, nous commencions à égrapper l’intégralité des raisins à la main.
Et en 2015, nous augmentions la superficie de nos vignes avec des fermages de vignes en biodynamie en Côtes de Castillon et Côtes de Francs et commencions à faire aussi un effervescent naturel, James.
Paul passe toujours au chai mais rarement; c’est quelqu’un d’ouvert même si de la vieille école (conventionnelle comme l’on dit) et maintenant il partage notre volonté de vinifier sans aucun intrant, sans aucun sulfite quand l’état sanitaire nous le permet (très souvent) et adieu collage, filtration, etc…

Nos vins sont appréciés dans le voisinage. Pas par tous mais par beaucoup et cela est essentiel pour nous. Il n’est pas rare qu’une de nos bouteilles soient ouvertes dans les palombières, aux fêtes de fin d’année en suçant un ortolan.
Quel plaisir d’entendre de la bouche de certains locaux « Ha…ça goûte comme les vins de mon grand père ».
Cela n’a pas de prix pour nous. Ou encore « Je retrouve de la volatile….il en faut toujours un peu pour soutenir un beau vin! C’est ce que me disait « machin » qui vinifiait dans le temps de si belles cuvées disparues ».

Dans mon intimité, les pratiques que j’applique au « faire le vin » sont les mêmes qui m’ont toujours nourries.
Je suis artiste, j’ai été artiste. J’ai eu des expositions importantes dans les années 90 et 2000, à la Fondation Cartier, au Musée des Arts Décoratifs, etc… et aujourd’hui je fais « aussi » du vin.
J’ai le sentiment de m’être juste accaparé un autre « support ».
J’essaie d’être au plus proche des choses; ce sont elles qui nous animent.
Au delà du fait que c’est aussi une action politique (comme toute action), je commence peut être à entrevoir pourquoi ces dernières années je suis dans les vignes, je suis dans un chai puis je partage nos vins:
Je suis loin et le vin que nous produisons, tout en générant des plaisirs, finit en urine.
Il a pénétré un corps, des organes et il disparait.
Physiquement, personne ne se l’accapare durablement si ce n’est dans le souvenir. Pas même moi, nous. Pas de surenchère ni de spéculation possibles.
Je suis libre. Nous sommes libres. Vous êtes libres.

Pour finir, bien sûr Jasper partageant son temps entre Tokyo où il vit et l’Europe pour ses autres activités professionnelles, est forcément « moins » au chai que moi. Mais, résumer l’apport de tout à chacun dans une aventure commune uniquement aux heures passées, est complètement illusoire. Cela serait une vision bien trop « libérale » du faire et du penser.
Ce qui nous lie se tient dans notre capacité à être visionnaire et une amitié et une confiance réciproque indéfectible.

Quelques vins que nous aimons boire et partager et quelques vignerons qui nous inspirent :
Claude Courtois, Pierre Frick, Pierre Overnoy. Château Le Puy dans le bordelais. Le Zibibbo de Serraghia, Francesco Carfagna à Vigneto Altura. Le travail de sauvegarde des vieux vignobles et cépages espagnols entrepris par Telmo Rodriguez depuis tant d’années. Etc… "

Fabrice Domercq - Novembre 2017

 

 

 

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